L'homme à l'imper

il traînait sous son imper
une vie intense pas pépère
il disait ciel oh ma mère
j’vais terminer en enfer
il traînait dans les cimetières
jardins publics squares divers
montrait son nez aux p’tites mères
en ouvrant doucement son imper

l’homme à l’imper

help criaient les douairières
il vient d’montrer son derrière
l’derrière prenait son vélo
d’avant-guerre c’était un Peugeot

l’homme à l’imper

il s’planquait derrière une barrière
remplie de graffitis amers
puis attendait que la nuit tombe
pour alors commencer sa ronde

l’homme à l’imper

il connaissait tous les quartiers
du plus sombre au plus éclairé
tout commençait à 10 heures 20
du téléfilm c’était la fin
il répertoriait les fenêtres
dont les persiennes étaient ouvertes
avait les heures sur son calepin
des habitués des salles de bains

l’homme à l’imper

quand il rentrait rue des Saints-Pères
il fermait ses volets ouverts
et colmatait de son chewing gum
le trou de la serrure car l’homme
ne souhaitait pas c’était sincère
que son strip-tease soit découvert
qu’dans la pénombre d’un réverbère
on le voit ôter son imper

l’homme à l’imper

Paroles et musique Isabelle Mayereau